LA CÔTE D'IVOIRE PRE-COLONIALE
La période pré-coloniale où celle qui précède 1893 est dominée par le peuplement du territoire, la mise en place d’une organisation politique, sociale et économique traditionnelle.
Il est difficile d’évaluer la date de la première présence humaine en Côte d’Ivoire car les ossements ne se conservent pas dans le climat humide du pays. Cependant, la découverte de fragments d’armes et d’outillages par des spécialistes de l’histoire de la Côte d’Ivoire attesté de l’existence de peuples en Côte d’Ivoire à travers des témoins de l’industrie néolithique recueillies dans certaines régions.
Les vestiges archéologiques découverts dans certaines régions de la Côte d’Ivoire, la présence de négrilles (pygmées) et les différents mythes autochtones illustres l’occupation du territoire bien avant les grandes migrations qui se déroulent entre le XVe et le XIXe siècle.
L’Afrique, antérieurement à la présence européenne connait des mouvements multiples. Selon les historiens, les mouvements de populations en direction de la Côte d’Ivoire vont être amorcés à partir du XVe siècle pour s’intensifier aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Elles se stabiliseront à partir du XIXe siècle.
Ces peuples en mouvement étaient soit à la recherche de produits commerciaux, de nouvelles terres ou fuyant les conflits, les guerres, la traite négrière.
Les migrations des XVe et XVIe siècles sont essentiellement le fait des Dyula, des Voltaïques et des Krou. Ils sont suivis dans les derniers décennies du XVIIe siècle par les Aïzi, les Essouma, les Alladjan…
A l’aube du XVIIIe siècle, les Abron sont les premiers Akan à se présenter aux frontières de la Côte d’Ivoire suivis des Agni. Les Baoulé migreront au milieu du XVIIIe siècle.
Le XIXe siècle enregistrera les migrations des N’Zima et des Lobi.
De la rencontre donc des différents groupes de peuplement naitront quatre (4) grandes aires culturelles à savoir l’aire Akan, l’aire Gur, l’aire Krou et l’aire Mandé.
On appelle Akan un ensemble de peuple provenant du Ghana actuel. Il s’agit des peuples Abron, Agni, Baoulé et de plusieurs petits groupes installés dans la zone lagunaire appelés Akan lagunaire dont les plus anciens sont les Ehotilé et les Agwa. Les raisons des migrations akan sont en général dues à la traite négrière qui s’installe à partir du XVIe siècle, aux rivalités politiques entre les royaumes du Denkyira et l’Ashanti et aux querelles de succession entre les familles royales.
Les Gur (Voltaïque) s’étendent hors des frontières de l’actuel Côte d’Ivoire tout comme les Akan. Ils sont constitués de Sénoufo eux-mêmes repartis en plusieurs sous-groupes dont les plus connus sont les Tagbana, les Fobélé et les Mangôrô. A côté des Sénoufo il y’a les Lobi, les Koulango, les Djimini….
Les Sénoufo sont restés pendant longtemps attachés à la religion traditionnelle avec comme culture de ralliement le Poro, rite communautaire d’initiation.
Les Gur se sont tellement mêlés au Mandé dans la région de Kong que certains n’hésitent pas à tort de parler de Mandé-sénoufo.
Le terme Krou s’applique à une famille linguistique située actuellement au sud-ouest de la Côte d’Ivoire. Il s’agit des Bété, des Wê (Guéré et Wobê), des Dida, des Godié, des Kroumen, des Bakwé et de petits sous-groupes.
Les Mandé sont constitués de deux (2) sous-groupes à savoir les Mandé du Nord et les Mandé du Sud.
Les premiers Mandé nord ou Malinkés installés en Côte d’Ivoire sont les Ligbi et les Numu. Leur point de départ est le Haut Niger et Djéné. Les Ligbi sont des mandé musulman avec pour principale activité le commerce. Quant aux Numu, ils sont des animistes forgerons spécialistes du fer dans les régions de Kong et Bondoukou.
Selon les historiens, la présence des Mandé nord est attesté entre le XIe et le XIIe siècle.
Les Mandé sud sont constitués de plusieurs groupes en Côte d’Ivoire. Il s’agit des Dan ou Yacouba, des Toura, des Wan, des Gouro, des Gagou ou Gban assimilés aux négrilles, ils apparaissent comme l’un des peuples les plus anciens de la Côte d’ Ivoire.
L’actuelle Côte d’Ivoire compte plus d’une soixantaine d’ethnies avec une mosaïque de culture.
Les premiers européens à fouler les côtes ivoiriennes sont les portugais dès le XVe siècle. Ils sont ensuite suivis par les hollandais, les Anglais et les Français.
HISTOIRE COLONIALE DE LA CÔTE D'IVOIRE
La Côte d’Ivoire a été colonie française le 10 mars 1893. Cette situation est précédée par l’impérialisme français sur la population locale manifesté par les traitées d’explorations.
La première cause de l’impérialisme en Côte d’Ivoire est purement économique car la métropole voulait évacuer le surplus de sa production en faisant surgir de nouveaux consommateurs d’outre-mer. En effet, une colonie est un dépotoir de produits manufacturés mais aussi une pourvoyeuse de matières premières.
Sur le plan politique, la France voulait également porter partout où elle peut sa langue, ses mœurs, son drapeau, son génie etc…
Les autres arguments portent sur l’évangélisation, la civilisation des peuples « barbares », l’éducation, les recherches scientifiques.
Afin d’harmoniser le programme impérial, les Etats européens ont organisé le 15 novembre 1884 et le 26 février 1885, le congrès de Berlin qui lance le partage de l’Afrique.
Ainsi, plusieurs explorateurs vont sillonner la Côte d’Ivoire dont Treich-Laplene qui va explorer le sud est ivoirien et Gustave Binger qui explorera le nord de la Côte d’Ivoire venant de Bamako à Kong, Bondoukou, Assinie et Bassam.
Treich-Laplene (1860-1890) eu deux expéditions à son active en 1887 et 1888. La 1ère permet de signer plusieurs traités dans le Béttié le 13 mai avec le roi Bénié Quamié dans l’indénié. En novembre 1888, il signe un traité avec le roi Adoumani du Gyaman (royaume Abron). La 2nde mission a pour objet de rencontrer Binger à Kong où installe.
Louis Gustave Binger (1856-1926) part de Bamako puis atteint Kong en février 1889. Les deux explorateurs signent un traité à Kong le 10 janvier puis atteignent Grand-Bassam le 20 mars 1889.
Au cours de cette période, Samory Touré, un guerrier guinéen arrive en Côte d’Ivoire à la recherche de nouveaux territoires. Il s’attaque d’abord aux Sénoufo puis aux Lobi qu’il capture et revend comme esclaves.
En 1891, Samory se retrouve à la tête d’un nouvel empire qui va d’Odienné à Bouna. En 1892, les français inquiets de ce qui se passe dans le nord décident d’envoyer une armée dirigée par le capitaine Menard pour capturer Samory. Celle-ci est massacrée à Séguéla. En 1893, les français lancent une armée contre Samory, celui-ci sûr de sa défaite, prend la fuite. Une véritable chasse à l’homme débute alors et ne prendra fin qu’en 1898 lorsque Samory fut capturé et déporté au Gabon où il meurt en 1900.
A la suite de ces différentes expéditions françaises, la Côte d’Ivoire devient logiquement une colonie française le 10 mars 1893 et Binger en est son 1er gouverneur avec Grand-Bassam pour capitale. Il gouverne de 1893 à 1896.
La Côte d’Ivoire coloniale va connaitre une conquête en deux phases :
- La phase de la pénétration pacifique qui va durer environ 14 ans (1893-1907).
Pendant cette période, l’administration coloniale utilise une politique de prudence, de la négociation. La présence militaire est limitée avec quelques postes sur la côte (Tabou, Sassandra, Grand-Berebi …). En cas d’hostilité, l’administration procédait par la politique du coup par coup, mais cette politique était insuffisante. Les populations locales n’étaient pas soumises et en 1908 la zone forestière et le Baoulé occidental (cercle baoulé) restaient à soumettre.
Face à l’hostilité des populations locales, la métropole fait venir en Côte d’Ivoire un administrateur aux méthodes directes et autoritaires nommé Angoulvant. C’est le début de la 2nde phase appelée :
- La manière forte ou la pacification qui débute en 1908 pour s’achever en 1920.
Angoulvant, né le 08 février 1872 en France, dirige la Côte d’Ivoire de 1908 à 1916. Il meurt en octobre 1932 à Paris. Cette seconde phase de conquête avait pour but la conquête de tout le territoire ivoirien et le renforcement de l’autorité française. La conquête engagée par Angoulvant est une conquête atroce qui va se heurter aux résistances de la population. C’est l’exemple de Zokou Gbeuly à Daloa entre 1908 et 1912, du peuple abbey en 1910. Ces résistances étaient malheureusement dispersées et mal coordonnées. L’armement des ivoiriens se limitait à des flèches, des lances, de vieux fusils, ce qui explique, malgré la bonne volonté des populations locales l’avantage des rapports de force en faveur des troupes coloniales.
La France ne put assurer sa domination sur l’ensemble de la Côte d’Ivoire qu’au début du XXe siècle.
LA LUTTE POUR L'INDÉPENDANCE
En 1932, Félix HOUPHOUËT BOIGNY, jeune médecin de l’Ecole de Médecine de Dakar s’opposait à l’appropriation des terres par les grands propriétaires coloniaux et contre la politique économique qui ne favorisait pas les planteurs autochtones. Il s’opposait également au travail forcé. En 1944, la conférence de Brazzaville, réunie par le général De Gaulle pour aborder le thème de l’avenir des colonies françaises, envisage la possibilité de l’autonomie. Félix HOUPHOUËT BOIGNY occupe bien vite une place prépondérante qui lui permet de faire abolir le travail forcé le 11 avril 1946. En 1944, il créa le Syndicat Agricole Africain (SAA) afin de lutter plus fortement contre les injustices. En 1946, Félix HOUPHOUËT BOIGNY fonde le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), qui constitue la section ivoirienne du Rassemblement Démocratique Africain (RDA). Le 7 février 1949, 8 dirigeants du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) sont incarcérés sans jugement à la suite d’une action de contestation par les autorités coloniales.
Face à cette injustice, plusieurs femmes de Côte d’Ivoire actionnent une marche de protestation sur Grand-Bassam du 22 au 24 décembre 1949 qui permettra la libération des leaders du Parti.
En 1956, Félix HOUPHOUËT BOIGNY entre au parlement français puis devient Ministre délégué à la présidence du Conseil en France. En 1957, il devient ensuite président du Conseil de l’AOF et déclare sa volonté de voir naître une Côte d’Ivoire républicaine et indépendante. En 1958, la Côte d’Ivoire devient République autonome par referendum. Elle est dirigée par un Premier Ministre, Auguste Denise. En avril 1959, Félix HOUPHOUËT-BOIGNY succède à Auguste Denise et mène le pays à l’indépendance. Le 7 août 1960, l’indépendance de la Côte d’Ivoire est effective. Novembre 1960 marque l’élection à la Présidence de la République de Côte d’Ivoire de Félix HOUPHOUËT-BOIGNY.
HISTOIRE POST-COLONIALE DE LA CÔTE D'IVOIRE
LA CÔTE D'IVOIRE INDÉPENDANTE
Dès le début de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, Félix HOUPHOUËT-BOIGNY, Président de la République de Côte d’Ivoire s’est fixé des objectifs ambitieux à savoir obtenir l’autosuffisance alimentaire, diversifier les cultures afin d’être moins dépendant du café et du cacao et, enfin, lancer la construction de barrages permettant l’implantation de centrales hydroélectriques.
Dans les années 70, la Côte d’Ivoire connaît ainsi une très forte croissance économique soutenue par les cours du café et du cacao. Le pays lança ainsi un plan important d’industrialisation et de développement des infrastructures.
De 1982 à 1984, La Côte d’Ivoire connait sa première grande crise économique due la sécheresse et de la chute des cours du café et du cacao.
En juillet 1987, Félix HOUPHOUËT-BOIGNY décide de bloquer les exportations de cacao afin d’enrayer la chute vertigineuse des cours. Cependant cette mesure n’aura pas l’effet escompté.
Le 21 mars 1983, YAMOUSSOUKRO devient la capitale politique et administrative de la Côte d’Ivoire. En 1990, Félix HOUPHOUËT-BOIGNY prépare la voie vers la démocratisation à travers quelques reformes et meurt le 7 décembre 1993. Henri KONAN BEDIE gère l’intérim et sera élu Président de la République en 1995.
Le 24 décembre 1999, un coup d’Etat renverse Henri KONAN Bédié et porte au pouvoir le Général Robert GUEÏ.
En 2000, le Général Robert GUEÏ organise des élections à l’issue desquelles Laurent GBAGBO est élu.
Le 19 septembre 2002, la Côte d’Ivoire connait une autre tentative de coup d’Etat. La situation se stabilise et en janvier 2003 des négociations avec l’ensemble des forces politiques sont entamées à Linas-Marcoussis afin de mettre fin à la crise. Laurent GBAGBO dirige la Côte d’Ivoire de 2000 à 2011. Il est succédé à la Magistrature Suprême par S.E.M Alassane OUATTARA, Président actuel de la République de Côte d’Ivoire.